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Cahiers de Paul Valéry
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Dire de 2 choses : elles sont identiques, c’est remonter un courant nier un état antérieur de différence – Et de même dire qu’ils sont différents c’est etc. – identité –

Donc c’est rapporter à soi une transformation – qui s’oppose à une donnée – c’est une correction.

Tout jugement est ainsi une modification d’un état antérieur qui dépend de cet état antérieur.

 

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De même que les corps font voir le soleil ou source unique – les idées font pressentir la commune source dont l’effet est conscience. Et vers une seule source remontent les diverses apparences mentales. Enfin si une certaine disposition est réalisée comme un jeu de miroir, peu d’objets se multiplient et font des perspectives immenses – associations, souvenirs, infini apparent actuel ou toujours imminent – une bougie et 2 miroirs y suffisent – cependant que le raisonnement par l’indépendance de ses procédés dont la répétition n’est jamais directement atteinte ou altérée par elle-même – donne l’achèvement à ces illusions.

 

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Pratiquement l’infini se remplace par le confus – qui coïncide avec l’apparition (possible) de l’indépendance.

 

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On a vu pénétrer plus avant dans l’intime « nature » tandis que l’on n’a fait que rompre une vieille habitude – oublier une locution – décrocher un tableau trop vu – Mais ces vieilleries avaient été des nouveautés –

Les siècles comme les apôtres ont le pouvoir de lier et de délier –

… C’est pourquoi le parfait est supérieur au nouveau ; et quoi qu’il lui cède continuellement, il le passe

 

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L’homme cet animal difficile.




Date de création : 20-04-2003