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CNRS 4, p. 240

Cahiers de Paul Valéry
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tome IV, C.N.R.S, 240-271

 

Ce que je vois par ma fenêtre, ces toits, ces éloignements, ces détails, finit par me sembler une photographie sans intérêt que je pourrais ôter de cette place où je verrais d'autres choses qui sont derrière elle.

Le monde commence à ma fenêtre, sans doute.

*

L'écrivain ressemble au spirite - Il fait parler sa table - Et il est aussi bête que lui.

Ma fenêtre.

Souvent je regarde ces plâtres, ces moellons ce ciel     dans ma fenêtre - avec la tension, la physionomie d'un personnage tragique qui voit de grandes, terribles choses? Je converge sur ces tas de pierres un regard qui demande et qui obtient quelque important spectacle - la vue d'une loi - l'intuition d'un mécanisme. Et la réciproque de cette perspective - la scène de ce théâtre est un tas de murs.

*

La tristesse est plus intérieure que la joie. Pourquoi?

*

[Croquis.]

Apparences. Le passé semble extérieur - donc le présent semble toujours passé.


Date de création : 21-04-2003