<- CNRS 4, p. 238

CNRS 4, p. 239

Cahiers de Paul Valéry
-> CNRS 4, p. 240 Index des Cahiers

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Le plus profond, le plus intime, le plus pénétrant - ce qui n'a pas de nom, qui n'est ni homme, ni signes ni sensation nette - ni tel souvenir ou désir mais le vague tout puissant d'un mélange indécomposable de tout cela -- ta tâche est de la réduire, de le faire léger, restreint, superficiel - obéissant, maniable - Comment ce son fend l'âme - ? et finit-il par signifier, par faire mimer intérieurement tant d'indistinctes choses - lui qui ne veut, d'autre part, rien dire? Tout peut être CHATOUILLE - et non seulement la peau mais la source des larmes, des visions, du temps - mais l'image de moi - que j'ai de moi -

Seulement il y faut ces doigts si fins qui talent, art et génie se nomment.

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L'inégalité des phrases d'un livre, de leur importance - l'inégalité des pensées - Or toute inégalité marque une discontinuité de fonctions -

Et si on relit n fois le livre, ou si l'on pouvait repenser une suite des pensées n fois?


Date de création : 21-04-2003