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CNRS 3, p. 214

Cahiers de Paul Valéry
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On analyse les phénomènes naturels au moyen de la propriété des variations indépendantes de l'image qu'on s'en forme -

Mais dans la nature et dans le phénomène réel ces variations ne sont pas indépendantes (ni dépendantes) - C'est un mélange obscur inadéquat à nos moyens - Il n'y a pas de corps solide - ni élastique ni de gaz parfait - Tout corps est assez solide ou assez élastique et cette indétermination nous échappe -

D'un corps donné que j'imagine, je tire longueur, masse, rigidité etc. dans toute leur extension - Ce sont des différentielles partielles que j'intègre séparément - Comment se peut-il?

 

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< Le sens d'un mouvement est un mouvement ->

< Le 1er est un mouvement quelconque. Le second est un mouvement rectiligne.>

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Le "sens vrai" du "je ou moi" est bien simple à retrouver.

Je ou moi, c'est un signe - irrationnel.

Donc, appris - Donc le sens de ce signe = 1° somme des sens particuliers qu'on nous a appris. 2° Combinaison de ces sens.

Or, 1° dans cette énumération on trouve, je = corps de qui parle - je = action de qui parle, état etc.

2° Donc le sens cherché résultant de n déterminations indépendantes subir, agir, penser, faire etc. on se donne un monstre capable de ces modifications -

)Le "je" est à chaque instant la modification du personnage en tant qu'il peut parler et en parler -

Le moi est donc relatif au langage, - singularité d'un phénomène qui s'exprime lui-même - Union de la faculté invariable de parler et du contenu variable de la parole.

 

Toute énonciation peut être précédée de ces mots: Je dis que - -

 

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Je pense donc je suis - assimilation d'une partie de ma connaissance à une autre - de la pensée à la sensation.


Date de création : 21-04-2003