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CNRS 4, p. 202

Cahiers de Paul Valéry
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Nous sommes peu logiques, car dans chaque cas particulier nous ne prenons du sens des mots que ce qu'il nous faut pour l'usage immédiat. Si je dis: j'entre dans ma maison - maison n'est pas entendu directement ici comme un édifice, un équilibre - etc. mais un contenant possible et familier. Je vois un acte bien déterminé mais non tout ce que je pourrais découvrir dans le matériel de cet acte, si je m'y arrêtais, etc. Je ne prends de la maison que ce qu'il faut pour que j'y puisse entrer... idéalement c'est-à-dire au fond, une ombre d'attitude et d'allure sous un porche.

La logique entièrement développée (comme on en voit des exemples géométriques) étonne toujours et dépasse toujours chaque homme. La vie mentale ne demande que des conditions suffisantes; le raisonnement, des symboles - (et c'est la propriété de former avec les expériences, de tels symboles identifiables qui est conception et concepts).

Mais ce qui étonne dans la logique (et aussi celle des opérations) c'est la confrontation finale des choses dans une combinaison obtenue au moyen de leurs signes - (et aussi de leurs mesures).

En particulier une chose A peut recevoir plusieurs signes distincts qui coïncident sur elle et ne coïncident pas dans toute l'étendue de leurs significations. Ainsi ce cheval = cet animal.


Date de création : 20-04-2003