<- CNRS 3, p. 293

CNRS 3, p. 294

Cahiers de Paul Valéry
-> CNRS 3, p. 295 Index des Cahiers

$

..Il y aurait une Science des mouvements intérieurs - des actions volontaires sur les images - changements disciplinés qu'on leur impose, essais de vision, de perception, d'accommodation de l'oeil interne - et surtout, tentatives de liaisons - de transformations réciproques - de formation de systèmes solidaires - de recherche des variations indépendantes qu'une donnée peut subir, si je veux;

Mais les modes d'expression de cette science sont métaphoriques - Aussi pour exprimer la distinction du moi et de l'objet on se sert des mots d'oeil, vision etc.

Quelque chose indépendante de ce que je vois (précisément) et cependant sans laquelle je ne verrais pas. Tel mouvement n'a nul rapport avec ce que je vois, et si je le fais, je ne vois plus -

..Je pense -: je parle, je vois, je fais -

et il faut que ces choses "intérieures" localisées là - soient confrontables avec l'extérieur, si voisin et si rejeté loin.

*

L'attention conduisant à douter, à hésiter.

Preuve de la nature coordonnée de l'attention et de l'existence du domaine de coordination.

 

*

Observation intérieure -

Expérience - elle sépare les variables -

Altérations dues au maintien.

Durée d'une coordination uniforme.

 

*

Il en est de ces notions comme de ces mots qui me servent à chaque instant et sont parfaitement clairs et immédiats pour tout le monde, jusqu'à ce que l'on y pense, et qu'on les trouve isolés, obscurs et confus. Ce qui est clair comme passage est obscur comme séjour1. La réflexion les brouille.


Date de création : 20-04-2003