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CNRS 4, p. 191

Cahiers de Paul Valéry
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Tu m'appelles doucement et par derrière moi.

Je pense à toi -

Je ne doute pas que cette pensée ne soit spontanée.

Ta voix est venue si légèrement que je pense qu'elle vient de moi. Elle n'a pas réveillé le chien de la porte.

Ta voix est venue si doucement que j'ai cru sa signification venir d'elle-même [[ . AJ. sup.: de moi d'elle-même ]] de moi-même. Elle n'a pas résonné dans mon extérieur mais seulement au dedans, son silencieux effet, sa silencieuse conséquence, ton image.

J'ai cru à un hasard, à un désordre, à une aveugle cause.

J'ai cru penser à toi par accident, ou par une mystérieuse et très délicate réaction, possible si un certain vide se fait dans ma pensée, si je me retire de tout le présent figuré.

Et de même je crois vouloir, si l'ordre m'est venu sans désir, sans éveil du désir; et j'imagine dès lors l'action dont il doit être la réaction.

Je n'ai pas connu son bruit.

Tu n'as pas au bord d'un regard

Son bruit agit silencieusement

Elle fait son office

                                                                                  Alors intervention du bruit

éveil de l'image et sans bruit

et sans origine

[Croquis.]

vaguement improvisée

inattendue  soudaine

 


Date de création : 20-04-2003