<- CNRS 4, p. 152-153

CNRS 4, p. 153

Cahiers de Paul Valéry
-> CNRS 4, p. 154 Index des Cahiers

$

La conscience de la mémoire consiste justement à regarder X (phénomène) comme donné de deux manières, l'une accidentelle, antérieure, multiple, - l'autre actuelle, simple, fonctionnelle.

Comment ce double regard possible? Si le premier mode était entier, le second serait annulé - car ils entraînent des contradictions.

L'actuel et le passé se distinguent au même point, sur le même objet au moyen des degrés de liberté - comme si l'on sentait que l'un tient à n variables indépendantes, l'autre à une seule.

Cet objet est actuel en ce sens que je passe de lui à ma sensation immédiatement, par un chemin zéro, et il est passé en ce sens que tout net qu'il soit, ma netteté n'est pas totale, en acte.... (Ce n'est pas encore cela).

Le passé comme l'éloigné sont définis par l'incomplet de leurs structures internes. Le passé se réfère au présent comme l'éloigné à mon "corps" et ils sont parties l'un du présent l'autre de mon corps.

Ce sont des parties qui ne peuvent devenir le tout.

Je déduis de ces observations que le système sur lequel est bâtie la connaissance est divisible en systèmes partiels (autres que les fonctions élémentaires) et que ces systèmes sont capables de contradictions entre eux.

)) Il y a strabisme, divergence, pluralité - A, B.((

On s'en dégage en sentant que l'un des termes (A) est de la nature d'une réponse, et que cette réponse A reconduit fatalement à B (ou à C).

  On pourrait écrire

B substitué par A (discontinuité)

A prolongé jusqu'en B' (continuité)

et B et B' (continuité).

)) L'actuel vrai représente un équilibre plus stable que le passé. Nous soulevons le présent éternel comme un rideau toujours plus lourd finalement que notre bras n'est fort. ((


Date de création : 20-04-2003