<- CNRS 3, p. 288

CNRS 3, p. 289

Cahiers de Paul Valéry
-> CNRS 3, p. 290 Index des Cahiers

$

Je me connais fort bien - Ce que j'ignore, ce n'est pas - moi - c'est la connaissance entière où ce moi se place.

 

*

 

La même "question" peut être résolue avec ou sans travail suivant le moment. Réflexe dans certains états, - recherchée dans d'autres. Quel est ton nom? - Je puis le dire sans y penser, ou le chercher -

Ce qui supporte l'intellect est donc variable, inconstant et n'est pas conduit par lui - D'ailleurs les relations irrationnelles le prouvent déjà - Mais l'intellect a besoin de ce support et quoique ce soient choses indépendantes elles sont cependant liées - L'intellect cherche à s'assurer de lui-même, à se posséder -

L'intelligence est l'art de trouver le chemin qui mène à un état donné. J'imite ton geste pour me produire ton sentiment.

Je m'imite pour me connaître - Devant telle difficulté - je brouille les cartes - je change l'aspect de la difficulté - je l'abandonne momentanément, je remonte à des points sûrs - à des principes - ou je repasse au contraire point par point la donnée - en essayant chaque fois tout le domaine de chaque partie.

C'est pourquoi le parfait - en matière d'intellect - c'est le chemin sûr, établi - et la généralité.

 

*

Beauté - intérêt attention - variation de l'accommodation - intérêt régulièrement soutenu - et accru -

*

Comment se pourrait-il que corps et esprit soient indépendants lorsque les organes nécessaires à l'esprit sont corporels et inextricablement liés à ceux du corps même? On pourrait dire que l'indépendance réelle qui existe entre eux ressemble à celle qui existe entre certaines parties ou propriétés du corps - Cette dépendance-indépendance est indirecte - elle est limitée aux excitations - elle tient aussi au fond commun quantitatif ou potentiel.


Date de création : 20-04-2003