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Cahiers de Paul Valéry
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Semblable au poète - celui qui médite, au lieu de nombre et rime.

S'astreint

Psychologie est un chaos.

 

L'attention est aux états ordinaires ce que cette fermeté apparente est à l'état de double où tout s'effondre et vire.

C'est une correspondance à parties réflexes réciproques et donc la formation d'un système partiel complet, d'air solide. Correspondance par laquelle la loi des temps est altérée.

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La vue des objets les  plus stables n'est pas elle-même chose simple, et pour que cette maison devant moi ne me semble pas insupportablement mouvante, pour que ces objets ne tournent pas misérablement, pour que le sol ne soit pas un terrible traître, il faut que des fonctions s'y emploient secrètement et me fassent croire à la fermeté du sol et à l'immobilité des corps. Ces qualités sont des conquêtes. Et rien ne semble plus primitif! La connaissance est postérieure à ces substitutions nécessaires qui lui permettent d'être. On doit pouvoir représenter ces propriétés ou agencements premiers par des réflexes, ou par le type réflexe?...

...3 cas. Je me sens tomber dans l'espace.

Je puis l'éprouver dans la réalité.

Je puis l'imaginer dans mon fauteuil.

Je puis le rêver en rêve.

Le même système est un par 3 voies différentes.

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Nous ne connaissons rien du monde, car nous en sommes faits. Il nous est aussi naturellement caché que l'intérieur du corps - et il nous est aussi naturellement étrange, car toute la science imaginable ne l'altère pas. Je veux dire que je conserve le pouvoir de m'étonner et d'annuler tout d'un coup mon idée élaborée d'une chose pour revenir à l'état naïf - ou perroquet.

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Si l'image ne mourrait pas aussitôt que je tourne les yeux la vue serait défectueuse. Pour que les images correspondent à tout mouvement il faut qu'elles s'évanouissent très rapidement avec l'impression. Pas d'inertie ou très peu.



Date de création : 20-04-2003