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Cahiers de Paul Valéry
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Le concret est le désordonné - ce qui n'a pas été encore approprié. Peut-être la difficulté des abstractions vient-elle du sens de l'esprit dont la fonction est d'approprier et qui se trouve en défaut devant l'absence de sa proie habituelle - et refuse la nourriture trop essentielle, privée d'aromes grossiers n'excitant pas, étant déjà telle qu'elle sera, au delà du seuil où existent l'odeur, la vue et les excitations délicieuses.

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Temps. Je puis concevoir un arbre fleurir, verdir, rougir, se dépouiller, refleurir etc. avec une vitesse seulement bornée par la condition de pouvoir distinguer ces transformations (quand à sa limite supérieure) et par la condition de les percevoir se suivant à la file (quant à sa limite inférieure.)

Mais je ne puis ainsi considérer l'ensemble des choses sans rien omettre.

Si je substitue ma vitesse à celle des phénomènes - c'est-à-dire

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Considérer - c'est-à-dire regarder religieusement et scientifiquement (comme l'on fait les astres.)

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Pas de complémentaires subjectives dans le rêve.

Pas de couleurs vives.



Date de création : 20-04-2003