<- CNRS 4, p. 122

CNRS 4, p. 123

Cahiers de Paul Valéry
-> CNRS 4, p. 124 Index des Cahiers


$

Comme une vive douleur paraît et disparaît brusquement nous faisant croire qu'elle dépend de quelque chose cachée, indolore, entièrement différente de cette pointe et de ce feu, toute pensée est une <exception> infraction à...

Voir cet objet, est-ce pas omettre les conditions aveugles de la vue? A mesure que la vision est plus confuse, ses conditions se font plus sentir.

*

Il y a des moments où je sais tout et des moments où je ne sais rien; mais quoique cette alternative ne dépende que d'une sorte de hasard, cependant je sens que mon ignorance est plus vraie que mon intelligence, de même que la prolongation de la vie semble toujours moins naturelle, moins facile que son arrêt. Savoir est une manière d'être ordonné.

*

Ceci est certain, solide; mais il y a toujours un rien qui le descelle, l'emporte, le fait évanouir. Et pour toute chose on peut trouver toujours cette cause de nullité. Elle montre pour chaque chose ce qui suffit à l'annuler. Si on se sert de ce moyen sans précautions toutes choses semblent identiques.

*

Si quelqu'un dit croire à une chose (non vérifiable) et si en substituant à cette chose une autre chose de même genre mais différente, les motifs de croire allégués, demeurent inaltérés - alors on peut conclure que le croyant prétendu ne croit pas mais qu'il croit croire (Ainsi substitue 4 à 3..).



Date de création : 20-04-2003