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CNRS 4, p. 120

Cahiers de Paul Valéry
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La conscience est comme intérieure au sens et extérieure à l'esprit  comme une coupure - une surface de séparation. D'un côté elle est bornée par la sensation et de l'autre par le zéro. Elle existe entre des sensations et des zéros.

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Pas plus que nous ne savons ce que deviendrait ce gaz porté à une température de cent mille degrés - nous ne savons ce qu'une même pensée, prolongée et reprise sans arrêt indéfiniment, deviendrait. Tout porte à croire que cette pensée (ainsi supposée soustraite aux accidents apparents fatigue etc.) s'évanouirait nécessairement ayant parcouru la totalité de son domaine. Mais on ne peut rêver là-dessus sans précisions.

...Observons que si une pensée suffisamment approfondie et nette était portée à ce point où l'on ne pourrait que recommencer à la parcourir, ce parcours répété amènerait certaine altération. De sorte que pour toute pensée A on peut envisager une autre pensée A' déduite de A par la simple répétition A' =  (nA).

Ainsi la réflexion peut souvent être considérée comme le procédé A/A'...

Observons aussi un objet matériel et nous efforçant de supprimer continuellement toute tentative d'évasion de cet examen, toute pensée non directement guidée par la vue de cet objet, essayons de prolonger notre regard de cet objet. Nous subissons une suite de



Date de création : 20-04-2003