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Cahiers de Paul Valéry
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Si des variations sont trop lentes, elles nous échappent. Ainsi les variations philologiques sont en général de type "séculaire". On ne les perçoit qu'en éliminant le grand temps qui sépare des textes. Telle la croissance d'un arbre. Et dans l'intérieur d'un homme même il y a des variations lentes. L'homme ne perçoit des choses et de lui-même que les variations comprises entre  et ß. Pour les variations plus lentes il ne les perçoit pas en tant que mouvement mais il peut par la mémoire, les percevoir en tant que déplacement. Il ne voit pas l'étoile se mouvoir, mais il voit qu'elle s'est mue.

Les variations trop vites nous échappent. Ainsi dans les réflexes supérieurs les mots échappés - etc. Ce qui montre la conscience comme une boucle sur un chemin. Cette boucle peut être omise, économisée (Toutes les fois que l'impulsion a d'avance une réponse fixée. Toutes les fois qu'elle appartient à un chemin déjà frayé.

Trop petit, trop lent, trop vif - pour être perçu ??

 

En général on a

variation lente = objet sensible, mouvement insensible

variation entre A et B = objet et mouvement sensible

variation rapide = objet insensible mouvement sensible

variation ultrarapide = 0

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Ainsi la conscience choisit d'elle-même et pour elle-même, parmi les changements, ceux dont l'allure est comprise entre des limites, et cet intervalle est lui-même divisible en n zones.

Elle ne connaît pas tous les changements, elle en subit qu'elle ignore.

Et de plus l'esprit, c'est-à-dire le système des connexions et des machines de la conscience subit des changements.

(Telle impression est de la conscience mais répétée elle lui échappe peu à peu et devient habituelle, compensée hors de la conscience par un dispositif mécanique).



Date de création : 20-04-2003