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Cahiers de Paul Valéry
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Un nombre peut être regardé comme une abréviation d'un ensemble de notions (quant à son utilité) Je n'ai pas besoin d'un nombre - j'ai besoin de savoir si a non nombre est < ou > [plus petit ou plus grand] que b.

Tout nombre utile peut se remplacer par une série de tâtonnements physiques, excluant dénombrement <arithmétique> explicite.

Cf. ceux qui ne savent pas compter.

Cf. les cas où nous traitons de choses que nous ne savons pas mesurer ou compter. C'est le cas le plus fréquent. Sensations - temps ou durées psychologiques pluralité des idées.

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Si j'avais une âme c'est-à-dire une unité absolue, en soi, inconditionnelle alors je pourrais penser à tout simultanément. Il n'y aurait pas d'unités instantanées de la pensée - c'est-à-dire de - pensée!

L'âme et le moi sont contradictoires. L'âme n'est au fond que la personnalité c'est-à-dire un être de fortune, un résultat de toute expérience, empirique - constitué en idole. Cependant que le moi (comme je l'entends) je le regarde comme une propriété fondamentale de la conscience, un point virtuel auquel toute conscience est relative et réciproquement. Ce point n'est pas représenté, mais c'est comme s'il existait qu'à chaque instant se divise et s'ordonne ma connaissance - il est déterminé par cette division.

Remarque (si tu doutes de ceci) que tu es susceptible d'une infinité de déterminations indépendantes de ta personnalité, de ta figure, de ton histoire, de ta science..

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Croire - c'est croire que l'on croit.

[Croquis]



Date de création : 20-04-2003