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CNRS 4, p. 112

Cahiers de Paul Valéry
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µ  Tard.

Ce soir brille plus clairement ce reflet de ma nature: horreur instinctive, désintéressement de cette vie humaine drames, comédies, romans mêmes singuliers et surtout ceux qu'on trouve "intenses" - Amours, joies, angoisses, tous les sentiments m'épouvantent ou m'ennuient et l'épouvante ne gêne pas l'ennui. Je frémis avec dégoût, et la plus grande inquiétude peut se mêler en moi-même à la certitude de sa vanité de sa sottise - avec la connaissance d'être dupe et prisonnier de mon tout, d'être enchaîné à ce qui souffre, espère, implore, se flagelle à côté de mon fragment pur. -

Pourquoi me dévores-tu, si j'ai prévu ta dent <et si je la trouve>.

Mon idée la plus intime: "Je suis tel. Etrange chose - moi être telle chose, telle figure, telle aventure? Impossible! Tout ce qui est déterminé, tout ce qui est fini, cela n'est pas moi. Moi est déjà à l'horizon de ce fini".

Et mon Moi <répugne> s'enfuit de ma personnalité que cependant il imprime et dessine en la fuyant.

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En un certain sens, les idées précises, les images etc. ne font un office nécessaire - ne me viennent pas nécessairement et directement, mais en général obéissent aux conditions des états ou phases. Mais dans l'intérieur d'un même état, alors elles sont entre elles liées nécessairement.

 

C'est-à-dire que l'état étant donné, donne une condition suffisante pour les enchaînements qu'il contiendra et ces enchaînements seront nécessaires dans cette condition.

Il y a donc des degrés de condition psych[ique].

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Un beau monument est une statue. Une belle façade est un bas relief - Un seul morceau.



Date de création : 20-04-2003