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CNRS 4, p. 110

Cahiers de Paul Valéry
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Simultané.

Lorsqu'on lit très vite - diverses erreurs de lecture se produisent comme des permutations de syllabes ou de sons.

Il arrive que le mot est vu d'un seul coup. C'est-à-dire que un acte, un geste discontinu contiennent des éléments suffisants pour former m combinaisons (une fonction symétrique). Une de ces combinaisons est la bonne. Elle est la bonne à cause du sens, par sa relation avec le sens du mot. Si donc la mémoire est absente si elle n'a pas le temps d'agir - le mot lu tout d'un coup, est syllabifié au hasard.

Ainsi dans cet exemple, une succession déterminée entre d'autres également dicibles, par le jeu d'une fonction étrangère (le sens).

Si telle suite de sons est donnée, tel sens est donné. Mais les sons sont donnés en figures, et ces figures admettent m ordres de succession.

Un simultané se transforme en succession si on fixe un ordre au moyen de fonctions étrangères.

Tout simultané est d'un seul tenant. Il ne contient pas de discontinuités.

 

Tout ce que je pense dans une réflexion n'est ni simultané ni successif, mais comme réversible.

L'ordre et la succession ne sont possibles que si la division nette est possible et réciproquement.

Or toute division est due à des fonctions distinctes de la chose divisée.

Donc deux choses simultanées absolument distinctes sont successives l'une à l'autre.

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Dans ces propositions: je me regarde, je me demande, etc. je et moi ne désignent pas le même objet mais deux objets entre lesquels seulement il y a une relation particulière.



Date de création : 20-04-2003