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Cahiers de Paul Valéry
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Loi de la limitation de coordination 2. Le fait que l'attention ne puisse être perçue que d'une manière proprement différentielle constitue pour Valéry, une grave difficulté. D'un côté, en effet, l'un des meilleurs moyens de mener à bien l'étude de l'attention consiste précisément à devenir conscient de l'attention que porte l'esprit à l'attention elle-même. "J'ignore mon esprit hors de l'attention", est-il noté quelques pages plus loin (p. 170, III, P. 133). De ce point de vue, donc, l'attention pourrait être considérée comme un dénominateur commun de toutes les réflexions éparses du cahier, dans la mesure où l'observation de soi ne peut dépendre que d'elle.    Mais d'un autre côté, comme l'indique Valéry, l'attention ne saurait être observée que de l'extérieur, c'est-à-dire justement après la période d'attention. Le problème qui se pose est donc le suivant: comment observer l'attention, puisque seule une attention concomitante permet cette observation, mais que, par ailleurs, l'attention n'est jamais perceptible qu'après coup? Dans la résolution de cette contradiction, l'écriture du cahier remplit une fonction irremplaçable: elle ne sert pas simplement à enregistrer des comptes rendus d'expérience et à accumuler les réflexions successives, mais elle apparaît effectivement comme le seule voie menant à l'objectivation et au dédoublement de soi, puisque c'est bien cela qui est recherché en fin de compte.

 +  +...= K

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La conscience considérée comme un état doit être par suite regardée comme demandant certaines conditions. Elle est, quand ces conditions sont satisfaites. Si on accorde que ces conditions sont diverses et multiples - ce qui est aisé - qu'elles sont dans une certaine mesure, indépendantes - qu'elles peuvent ne pas être remplies - de sorte que l'expression de ces conditions prenne pour forme des propositions hypothétiques (Si...et si...alors - ).

Si on remarque, de plus, que l'existence de la conscience ne peut être instantanée mais implique une certaine durée, - on peut penser de suite que cette conscience est liée à la détermination réciproque de ses conditions et que dans l'intérieur du domaine d'existence il y a une infinité de telles déterminations (qui s'excluent). Il ne peut y avoir qu'une seule détermination à la fois.

Il ne peut y avoir qu'une seule connaissance nette à la fois et quant aux états confus intermédiaires, nous ne pouvons rien dire au sujet de leur unité et même de leur existence.

Net veut dire Un,  univoque.

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Il faudrait dire :

1 Pour telles conditions x...il peut y avoir conscience - fonctionnement sans correspondances.

2 Pour telles valeurs des conditions - il y a conscience.

3 Si la correspondance des valeurs est univoque - il y a conscience 66 nette.

4 Si cette correspondance univoque est susceptible de prolongements - est continue - il y a connaissance.

5 Si ce continu peut s'ordonner, correspondre lui-même à lui-même selon une relation, il y a intellect.



Date de création : 20-04-2003