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CNRS 4, p. 106

Cahiers de Paul Valéry
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Le moi.

Dans toute proposition le sujet est avant tout conçu comme unité. (membre un d'une correspondance)

La proposition elle-même est ou se fait correspondance univoque. Puis cette proposition prise entière est puisqu'elle est une expression, en correspondance avec une autre unité (implicite). On la regarde comme une autre unité c'est-à-dire qu'on lui fait toujours correspondre quelque Un.

Ce Un est l'objet de la proposition. Mais la forme demeurant tandis que l'objet est variable, on dénomme Moi, le Un général, le Un qui correspond à la forme proposition.

 

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...Ainsi je définis une image en tant que but, ou point de départ, ou réponse - ou intermédiaire ou vérité ou

Ce sont des fonctions momentanées imposées aux images et indépendantes d'elle.

De sorte que toutes les fois qu'une image est liée à une de ces fonctions cette liaison est ou de par mon choix (n'approfondissons pas) ou de par quelque procédé caché (présent).

Les images extérieures - objectives - ne se présentent pas ainsi. En général et par elles seules, elles sont, seulement.

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On n'observe bien une chose qu'en pensant en même temps à ce qui sera tiré de l'observation - et à ce qu'on avait préjugé. L'observation doit répondre à une question, être comparée dans le même temps à la solution provisoire.

Sans quoi, elle est trouble.

Observer c'est substituer dans un système préétabli, des éléments extérieurs à des éléments intérieurs de la même classe. Comme le peintre qui désire fixer tel mouvement fait venir le modèle. Le modèle prend la pose et donne l'acte - comme dans le tir.

L'expérimentateur fait poser la nature.

Tous ces cas sont collinéation entre le vouloir et le voir.



Date de création : 20-04-2003