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CNRS 4, p. 104

Cahiers de Paul Valéry
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Retours.

) Un homme peut croire qu'il comprend telle chose et s'apercevoir ensuite qu'il ne la comprenait pas.

Il peut agir, traverser des états aisément et trouver ensuite les difficultés qu'il a passées. 64

Et il n'est pas de pensée, d'évidence qu'il ne puisse ultérieurement s'étonner d'avoir acceptée. 65

Cet effet, qui est régulier lorsque la veille regarde le rêve subi, a lieu aussi à l'égard de la veille.

L'incohérence, l'absence de but, l'absence de moyen de pourquoi et comment, sont toujours visibles à volonté dans la pensée. (

C'est que toute pensée réduite à ce que l'on en voit n'a de but, ni de mécanique, ni d'ordre significatif, ni de sens, ni de choix...C'est le choix dans la pensée qui vaut seul. Elle ne prend un sens que par référence à quelque chose hors d'elle, souvent peu indiquée, conditions soit extérieures soit souvenir, instinct, etc. Ces conditions sont les pôles, les guides cardinaux de la navigation de la veille. [[ Aj. marg. g.: La pensée consciente est comme le geste de la pensée entière. Penser c'est répondre à l'actuel, mais se souvenir c'est répondre autrement intrinsèquement - c'est voir une pensée ne répondre à rien. Le souvenir est la pensée réduite à ce qui fut visible. ]]

Ces fortes empreintes le pourquoi, le comment, le but, la borne, le mouvement objectif - subjectif sont des fonctions de la veille, en tant qu'ils appliquent, adhèrent absolument aux images.

*

Ainsi telle image, je ne puis que difficilement accepter qu'elle ne soit pas un fait lié à d'autres et ayant cause, effets, vie explicable raisonnable; si elle m'étonne c'est pour ne pas accepter sa non-valeur et cependant ce sont des conditions extérieures à toute raison qui la produisent et la poussent dans le champ où j'ai l'habitude de raisonner et de comprendre. Je veux qu'elle signifie



Date de création : 20-04-2003