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Cahiers de Paul Valéry
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La ressemblance de deux choses se découvre spontanément c'est-à-dire que nous ne pouvons pas faire que ceci (donné) ressemble ou non à cela (donné), quoique nous puissions faire une chose (nouvelle) semblable à une autre, donnée.

Mais sur deux choses données semblables (ou dissemblables) nous pouvons opérer simultanément de façon à les rendre dissemblables (ou semblables) - c'est-à-dire que nous substituons à chacune, une autre et une quatrième entre lesquelles sera la relation voulue et qui auront chacune avec leur précédente une relation (de continuité).

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L'ornement n'a ni but ni achèvement réel. Les inflexions et fluctuations appartiennent à un continu, sont les variations de fonctions très simples qui s'étendent d'elles-mêmes à tout l'espace et à tout le temps et peuvent remplir l'un ou l'autre par des procédés réguliers, uniformes, périodiques. De même que le formel de la connaissance. Dans ce domaine tout est fermé ou infini. Les limitations sont extérieures à la loi, à la forme - au lieu d'être le nerf et le ressort de la chose même comme dans le significatif.

Un tableau qui a un sujet demande un espace fini. Une musique qui exprime quelque chose, se meut entre deux états limites. Un discours va de O à A.

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Ce serait d'une merveilleuse chimie - passionnante! de savoir composer rêves et veille, lucidité, passion, sentiment et raisonnements avec les mêmes fonctions diversement liées, excitées, combinées. Il n'est pas de jour que je n'y songe, et pas de jour où j'aie senti l'impossibilité de voir ces différents modes aussi voisins que l'alcool l'est du sucre.



Date de création : 20-04-2003