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Cahiers de Paul Valéry
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Que l'"âme" est une loi (si elle est quelque chose).

Si tu veux l'âme tu dois accepter aussi l'âme de l'âme et ainsi de suite et puis songe que l'âme n'est que dans l'âme.

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Je puis à chaque instant calme, faire en quelque manière le tour de mes sensations diverses et les faire se succéder dans un ordre quelconque et de même explorer mes connaissances acquises (mais moins librement) de sorte telle que chacune de ces déterminations dépend (en apparence du moins) d'une opération intérieure ou mouvement libre par rapport aux excitations.

Et même si des phénomènes sont donnés successivement c'est-à-dire divisibles en deux classes par l'un quelconque d'eux, grâce à cette liberté, je puis traiter comme simultanée une telle suite - la représenter par un seul élément.

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Le simultané instantané.

Le simultané durable.

Le simultané artificiel - de proche en proche.

Simultané ordonné et simultané quelconque

Simultanés énumérables et non énumérables

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Je n'essaie que de penser avec des formes et des éléments éprouvés, épurés, reconstruits. L'important est de reconnaître les éléments acquis de sa pensée, de les rapporter à leur origine et de les résoudre le plus possible en éléments naturels...Ces éléments que j'ai appelés naturels sont peut-être identiques au monde le plus stable.

 

Il n'y a pas de pensée infiniment brève: j'entends par là que toute pensée trace un temps.

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Telle bêtise. Cette bêtise est l'unique action, pensée,...que je puisse faire en ce moment. Et je la sens nécessaire. Mais dans un meilleur moment, que je fasse bêtise ou chose nette et bonne, je n'en sentirai pas la nécessité, je n'y reviendrai pas si je m'en écarte, je ne serai pas tout entier sous quelque poids que ce soit et



Date de création : 20-04-2003