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Cahiers de Paul Valéry
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La merveille de la pensée est de s'agiter au dessus de toute machine, ignorante, belle d'ignorance de ses propres moyens, presque toujours pure dans ses mouvements, et comme le bon nageur - superficielle, et docile à soi-même, entre deux vagues.

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Déformations continues autonomes des images du rêve. C'est un phénomène très remarquable - très fréquent. On peut y comparer les changements continus qui se produisent nécessairement dans un son tenu par la voix, dans un mot répété "indéfiniment".

Aussi le vertige. Ce phénomène est comme l'inverse du vertige. Le gouffre monte au lieu que j'y descende. C'est une adaptation partielle qui n'est pas équilibrée et devient dominante pour tout l'être.

Tous les objets nous attirent, car tous les objets nous mettent dans une disposition qui implique des mouvements, ils ne sont connus que moyennaant certains mouvements d'accommodation qui toujours sont le commencement de mouvements de déplacement. Or le commencement de ces derniers mouvements est ressenti sous forme de volonté - et excite (quand c'est possible) les fonctions mentales, les fonctions de prédiction, d'anticipation - qui à leur tour peuvent déterminer une adhésion ou un refus plus ou moins énergique. Il peut arriver que la volonté alors perçue soit attribuée à l'objet qui nous appelle. Il en est ainsi quand les sensations visuelles sont telles et nous trouvent tels qu'elles puissent agir presque immédiatement comme excitants de nous mouvements d'nesemble - fascination.



Date de création : 20-04-2003