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Cahiers de Paul Valéry
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L'homme qui mange, - il nourrit ses biens et ses maux.

O toi tu es identiquement ce que les autres pensent que tu es et ta voix dans cette assemblée qui te juge et qui t'épuise ne compte que pour une voix.

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Je pense à ceci qui me répugne - me déplaît, peut-être par ce que ceci me déplaît - et je finirai par n'y plus penser - par l'éviter à la longue, de soi-même, - également parce qu'il me déplaît.

Car il y a quelqu'un ou quelque chose en moi qui se souvient peu à peu de la contrainte présente et qui forcé de consentir à sa présence même, devinera ensuite avant que d'entrer, qu'il vaut mieux se souvenir de dormir.

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Trouver - chercher.

Ces choses ne peuvent s'apercevoir que dans le vague.

et si tout toujours était net ne se découvriraient point.

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Le théâtre sans musique est une erreur. On détourne les yeux de la scène et l'oreille de la voix, rien ne vous suit cependant que si la musique est là, elle ne vous laisse point.

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Lorsque plusieurs personnes sont réunies, l'une prend le dessus et lorsqu'il en est ainsi il y a émulation et lutte.

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Idée théorique, idée idéale, sont celles dont la réalisation ne consiste que dans la transcription, fixation, expression, émission. Elles n'ont d'autre réalité que celle de leur portrait. Elles empruntent toute leur valeur à leur expression et la limite de leur destinée - leur fin est leur notation. L'homme théorique, pour qui tout finit par la parole une fois parlé, une fois écrit, il ne reste au plus que le gain d'être plus habile à recommencer le jeu.

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Volonté

Un point capital dans la volonté est celui-ci: Tout à coup nous nous découvrons voulants. Dans aucun cas nous ne connaissons l'origine vraie d'un désir. (suggestion diable)

Ce que nous discutons (quand il y a discussion) - c'est seulement les difficultés d'exécution, et d'autre part les conséquences.

Cette discussion est d'ailleurs entièrement relative à nos connaissances et à l'inégalité de nos modes de représentation et de sensibilité.

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Croire c'est faire semblant de voir, de toucher.

Je ne puis croire ce que je ne puis me représenter. Davantage, je ne puis croire ce que je puis me représenter de plusieurs manières.

La vue fait semblant de toucher.

L'intellect fait semblant de voir.

Le toucher est la certitude même (le toucher et les fonctions mécaniques). Et au fond et rigoureusement ce qui ne peut nous toucher ne nous intéresse pas. Tout ce qui ne peut à aucun degré et dans un aucun moment venir au contact de ma peau, la toucher ou la traverser - ne m'est absolument rien non plus que ce qui ne peut me mouvoir ni par moi être mû.

 

O toi tu es identiquement ce que les autres pensent que tu es et ta voix dans cette assemblée qui te juge et qui t'épuise ne compte que pour une voix.

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Je pense à ceci qui me répugne - me déplaît, peut-être par ce que ceci me déplaît - et je finirai par n'y plus penser - par l'éviter à la longue, de soi-même, - également parce qu'il me déplaît.

Car il y a quelqu'un ou quelque chose en moi qui se souvient peu à peu de la contrainte présente et qui forcé de consentir à sa présence même, devinera ensuite avant que d'entrer, qu'il vaut mieux se souvenir de dormir.

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Trouver - chercher.

Ces choses ne peuvent s'apercevoir que dans le vague.

et si tout toujours était net ne se découvriraient point.

 

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Dans l'esprit un certain ordre automatique (continuité) se fait contre le désordre (relatif) donné à chaque instant il y a des appareils qui subissent et enregistrent ce désordre et d'autres qui lui substituent des classes et des domaines continus.

 

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Je m'endors: j'oublie la hiérarchie militaire de mes fonctions - leur dépendance significative.

 



Date de création : 20-04-2003