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CNRS 4, p. 40

Cahiers de Paul Valéry
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La veille est marquée par la présence ou la nécessité d'une certaine condition générale qui assujettit modifie sépare toutes les fonctions indépendantes centrales. Le sommeil est absence ou amoindrissement de cette condition. Cette condition est elle-même autonome, indépendante de la forme des fonctions - quoi qu'elle me semble pourtant ???, liée à son tour par les intensités.

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L'homme réagit pendant son sommeil en se servant de - en projetant - en appelant - en évoquant la première chose venue, disponible.

Et c'est à la fois au hasard et non au hasard car la chose n'est pas disponible et la plus proche "au hasard". Mais le "geste" n'est pas adapté à la chose (qu'il ignore) mais au besoin de répondre le plus tôt possible.

Rêver ressemble beaucoup à ce jeu: dire un mot ou un nombre au hasard.

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Dans la veille, s'ajoute à la conscience le sentiment qu'elle est prête à connaître autre chose.

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Lorsque la réalité est telle, si dure, si belle etc.) que nous ne savons la regarder sans être affolé, si nous pouvons y échapper un instant, nous la nions de toutes nos forces. Et cette négation est absolument homologue à un réveil de rêve - impossibilité de soutenir l'aspect - impossibilité de continuer à être, dans le même monde. Eblouissement.

Et le rire aussi est un réveil.

[Croquis]

Suis-je donc un miroir moins parfait que toi, de notre même structure et histoire?



Date de création : 20-04-2003