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Cahiers de Paul Valéry
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Problème. Peut-on se souvenir d'un état ou plutôt d'une époque de soi en retrouvant non les choses qui y paraissaient, mais les forces et les manières de sentir? les modes de passages. Un vieillard ne retrouve pas sa force ancienne en y pensant.

Plus généralement cette forme S (X) est-elle applicable à tout? Non, car le système total ne repasse pas par le même état.

Dans tout souvenir il y a une certaine attention qu'il faut appliquer uniquement à la forme souvenir et non au contenu et qui suffit à séparer cette forme du présent. Tout souvenir est donc partiel.

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Le système mental doit être considéré tantôt comme homogène ou indifférent: tantôt comme pipé.

Tantôt il faut le regarder comme produisant des combinaisons ou associations qui ont entre elles les mêmes chances de se produire. Tantôt des préférences se marquent sous formes d'arrêts, de discontinuités, de redites, d'adaptations.

Mais pourtant.., même au moment le plus libre, si A se produit c'est par triomphe, par non indifférence?

Dites un nombre 14 au hasard? Il y a toujours un nombre ou un mot prêt à sortir sans réflexion (la réflexion consistant à l'empêcher de sortir tout à fait et à le reprendre sur la langue une fois sorti du zéro pour le remettre là où il excitera encore le centre).

Dire ce mot au hasard c'est se confier à une partie, faire ou laisser obéir une partie, et le hasard résulte ensuite du regarder de tout son être  cette réponse d'une partie. Mais quant à la partie excitée elle ne répond pas au hasard. Le hasard ici résulte de l'ignorance où nous sommes de son état, c'est-à-dire de ce fait que l'excitation - l'autoexcitation considérée est indépendante de la réponse et réciproquement. Elle ne peut déterminer (et encore grossièrement) que le domaine de la réponse, non sa particularité.



Date de création : 20-04-2003