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CNRS 3, p. 907

Cahiers de Paul Valéry
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La littérature réduite à sa partie essentielle et propre, consiste à suppléer au langage ordinaire au moyen de lui-même. Elle ne se conçoit que comme opposée à un langage pur, artificiel, parfait dont elle est l'approximation. Elle suppose que le langage ou mode déterminé de notation, ordinaire peut subir [[ . Rat.: une ]] des combinaisons de ses éléments, telles quelles soient plus approchées du langage parfait que ces éléments et leurs combinaisons les plus simples.

 

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La poésie est une moyenne, composée des représentations qu'elle procure, des sensations auditives éveillées, de l'énergie suscitée et renforcée a tempo, et des agréments particuliers tirés des bonheurs de la syntaxe concourent avec les vives excitations dues aux constructions d'images par les dispositions de concepts.

 

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Mon cerveau s'ignore. Mais cette ignorance n'est pas parfaite. Il se perçoit par instants, non comme l'anatomiste le voit mais à sa manière qui ressemblerait à celle de la main quand elle se palpe réciproquement, si la main sentait.

 

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Je perçois une sorte de mouvement intérieur quand mon attention est brusquement déviée. Je perçois des déplacements quand je m'arrête de tourner.

 

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Intuition et complexité.



Date de création : 20-04-2003