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CNRS 3, p. 903

Cahiers de Paul Valéry
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"Le vrai menteur se connaît à sa précision - et le vrai véridique à son imprécision."

Voilà une maxime dont le second membre peut être formé par une négation des termes du premier, sans songer à la "vérité" de la formule - vérité qui se recherche après la question: y a-t-il un phénomène qui serait traduit par cette forme? Et le hasard, ici, fait qu'il y a un tel phénomène

 

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Le vrai fleuve des pensées est le plus incohérent, le plus immonde, le plus insignifiant des cours. Rien de plus méprisable que ce désordre mystérieux, et cette invention perpétuelle de niaiseries, simples déplacements gratuits d'une toile de fond

 

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Il faut des régulateurs, des obstacles, des filtres, des conditions extérieures à ce cours et ces moyens combinés avec les lois du mouvement donnent quelquefois d'admirables résultats. Mais ces résultats ne sont jamais définitifs ni ces moyens durables.

Eux-mêmes font bientôt partie du fleuve et dérivent sottement et matériellement, quand ils ne peuvent plus se séparer, comme un bateau qui a perdu ses hommes vivants.

Ce [[ . Paragraphe barré. ]]  qu'il y a d'intelligent - c'est seulement l'adaptation c'est à dire quelque chose de plus qu'une combinaison, mais une combinaison correspondant à une unité (=) extérieure à cette combinaison

Soit que cette extériorité soit celle du monde "extérieur" et alors la combinaison est une représentation ou un schéma d'acte; soit que cette extériorité soit le "reste de l'esprit" ou telle propriété



Date de création : 20-04-2003