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Cahiers de Paul Valéry
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Le rêve est la phase sans évolution. Pas  de commencement. Recommencement indéfini possible.

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Dans le rêve tout est rêvé. Dans la veille il y a des portions réelles, et des portions entre parenthèses, les phénomènes se distinguent ou se classent en des mondes alternatifs séparés en général [[ .Aj. sup.: en espèce ]] et unis ou coadaptés dans des cas particuliers. Actes, impressions, pensées, arrêts, effacements, etc. etc.

 Entre ces "mondes" ou groupes les substitutions sont possibles. Cette possibilité est la veille même. Pouvoir de sortir ou de rentrer. D'épuiser complètement une incitation ou au contraire de la rayer, de me faire reculer devant une conséquence.

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Si un objet passe très vite sous mes yeux, je ne lui  puis5 donner que des noms très généraux - par ex: "quelque chose",

On appelle instant l'état où me met ce quelque chose.

L'instant comme le point est donc une sorte de sensation et non une grandeur, quelle que soit l'importance, le détail, le nombre de choses qui adhèrent à cette sensation, elles y sont liées.

Instant développable (simultanés)

C'est le temps de voir sans reconnaître - et aussi le temps d'agir sans pouvoir interrompre l'acte.

Il y a des vitesses absolues quant à l'intuition - des vitesses telles que nous n'en percevons pas de plus grandes.

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Le langage est une moyenne. Son équilibre statistique. Rôle des écrivains


Date de création : 20-04-2003