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Cahiers de Paul Valéry
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Centres

Ce combat singulier de la noblesse avec la clairvoyance.

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L'instabilité mentale est chose si importante qu'on ne saurait trop l'observer.

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Nos sens ignorent directement la pesanteur et le magnétisme. Et si nous n'avions un sens thermique - nous serions devant l'eau qui devient glace, étonnés de la même sorte que devant une aiguille qui vire au Nord. Ce phénomène serait isolé.

Nous n'avons point de sens de nos transformations "intérieures" car la conscience et même les sensations internes sont "superficielles" et isolées.

La conscience est comme la limite commune de deux ordres d'événements inconnus. La pensée est disponibilité.

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Le monde extérieur existe - mais seulement en tant qu'extériorisation --> c'est-à-dire fonction <--. En d'autres termes - tout état se divise de lui-même en 2 portions (grosso modo; en réalité, en m portions classées) à chaque instant. Cette division est changeante.

Moi absent, moi supprimé, cet objet n'a plus "d'existence" c'est-à-dire a perdu ses conditions, sa forme (instantanée).

Et d'autre part l'image ou idée qui m'en reste a perdu son actualité, son "attention" propre, et ne pourra revivre que par une fourniture étrangère, un secours excitateur - car, moi, j'ai de mon côté perdu l'énergie de l'objet origine.

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Il faut considérer l'extériorité non comme une propriété de tel objet ou tel monde - mais comme indépendante de tout objet particulier, comme une fonction.

En effet, ce lit là ce n'est pas cette vue que j'en ai que je déclare extérieure. Ce point de vue ne dépend que de moi. C'est mon attitude que je déclare extérieure en tant qu'elle me révèle un lit.


Date de création : 20-04-2003