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Cahiers de Paul Valéry
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D'abord, taches et chocs - nébuleuse primitive, tâtons, pas de point. Ces taches se déforment et suivent d'abord une suite rationnelle - c'est-à-dire continue jusqu'à un état qui soit centre de relations irrationnelles -

) Toute chose inconnue se déforme continûment jusqu'à un état reconnaissable - cette déformation ne dépend que de la chose, et de sa décomposition en fonctions simples. On parcourt l'une quelconque de ces fonctions.

A ce moment deux voies: ou bien la chose est abandonnée et on suit les relations irrationnelles dans une branche quelconque, ou bien elle demeure comme condition initiale maintenue...

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)))) Tout ce qui n'est pas mémoire est analogie. Tout ce qui n'est pas irrationnel est rationnel.

Mais les développements rationnels ne se sentent, ne se marquent que par les relations irrationnelles qu'ils éveillent au passage.

D'autre part, le mécanisme indiqué ci-dessus doit se compliquer et se perfectionner par la notion de plusieurs variables.

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La mémoire est incompréhensible si on ne se fait du temps une idée dynamique.

Les choses s'impriment d'autant plus qu'elles répondent plus à une demande - ou qu'elles demandent plus.

Le souvenir est réponse ou demande de réponse. Et tout ce qui dans les souvenirs ne satisfait pas à ce schème est éliminé, en général, et il ne reste de réel souvenir que des connexions.

 

La mémoire est la continuité de l'irrationnel - uniforme.

Et ceci est remarquable que, généralement il y a énumération des termes de la suite, quoique cette suite forme un groupe.

Le simultané est le lieu de l'irrationnel --

                                                


Date de création : 20-04-2003