<- CNRS 3, p. 837

CNRS 3, p. 838

Cahiers de Paul Valéry
-> CNRS 3, p. 839 Index des Cahiers

$

La métaphysique extérieure étant abolie, reste une seule passionnante question: si quelque avenir est ouvert à la manoeuvre pure de la pensée? si la spéculation sans objet finira dans une simple énumération du groupe des fonctions mentales - ou si cet exercice et cet assouplissement loin de conduire à une limite, à la connaissance suffisante et au mépris de la pensée - mèneront indéfiniment à des relations neuves?

*

Ce que la mémoire directement sollicitée ne dit pas - la mémoire élémentaire combinatoire l'ajoute, le forge suivant une probabilité - qui complète le souvenir imparfait.

Préciser une notion c'est l'intégrer la compléter jusqu'au point où elle occupe uniformément la formule.

C'est en faire un présent - une chose motrice et puis en posséder la formule de constitution et de variation réglée.

*

La valeur n'est que dans la veille -

pendant laquelle subsistent certaines attitudes habituelles - accumulation qui fait la valeur.

*

Surfusion.

Possibilité fantastique d'amener une pensée vraie, valable, dans un rêve.

Comp[araison]. Surfusion avec sommeil cataleptique de longue durée.

Mais le rêve ordinaire lui-même n'est-il pas comparable à une confusion? à un faux équilibre?

Ce qui distingue la veille du rêve - distingue la pensée et son rôle profond - des images.

            *

Prenons un homme et abaissons doucement la "température" - c'est-à-dire telle condition - -

Par une variation de conditions extérieures, on le porte au sommeil.

 

[Croquis.] [[ . Le pied, chaussé ou nu, est un thème récurrent dans les dessins de Valéry. ]]


Date de création : 20-04-2003