<- CNRS 3, p. 831

CNRS 3, p. 832

Cahiers de Paul Valéry
-> CNRS 3, p. 833 Index des Cahiers

$

L'habitude est un excitant.

*

On n'est responsable que de la valeur que l'on donne à sa pensée et non de cette pensée. Ma parole intérieure peut me surprendre et je ne puis la prévoir. Quand elle parle, j'appelle moi non ce qui parle, le tiers inconnu, mais l'auditeur. Le Moi est le premier auditeur de la parole intérieure - non celui qui répond - mais celui qui va répondre. Dès qu'il répond il cesse d'être Moi.

*

[Croquis.] [[ . Représentation schématique liée au fonctionnement et à la saisie de la "parole intérieure", l'un des foyers d'investigation de ces pages (v. 822). Valéry fera plus tard des croquis plus explicites du "Moi Bouchoreille". ]]

Le temps est l'identité de cet auditeur           fictif opposé à la diversité des                       phénomènes. Il est lui-même (en tant que          phénomène) un phénomène de reconnaissance.

*

Le moi ne se reconnait dans rien - ne se retrouve dans aucune chose et ne peut se mirer, étant négation de toute fixe chose. Et si quelqu'une l'imitait parfaitement, il ne s'en distinguerait pas. Mes singularités les plus rares, si je les soupçonne, tombent de moi; preuve qu'elles ne sont pas essentielles mais tiennent à un autrui que tout le monde et moi-même peuvent prendre pour moi, mais grossement et faussement.

*

La vie est manoeuvre intérieure est comme entièrement entourée par l'extérieur et par la mémoire. C'est un contour fermé.

*

)) L'accommodation se reconnaît au tâtonnement et au temps de tâtonnement.

)) Pendant il y a un suspens. Et il peut arriver que ce suspens laisse libres de se produire des faits de conscience étrangers à la chose suspendue.

*

L'éternel débat sur l'analogie et sa force m'apparait ainsi:


Date de création : 20-04-2003