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CNRS 3, p. 822

Cahiers de Paul Valéry
-> CNRS 3, p. 822-823 Index des Cahiers

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La parole comme communication de l'homme à lui-même - (l'homme qui est son propre premier auditeur -) comme manifestation de l'arrangement intérieur qui vient de se faire.

))) Souvent elle est si vite produite qu'elle est en dehors avant d'avoir été entendue par le moi.(((

Ce moi - auditeur de moi, et juge - de sorte que parmi les paroles qu'il prononce - il en est qu'il reconnaît et adopte et confirme et d'autres qu'il repousse, maudit, nie comme siennes.

 

[Croquis.]

 

*

L'automate ne va nulle part. C'est-à-dire qu'il ne contient pas de différences de marche ni de différence de potentiel.

Rien ne le précède en lui-même.

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Tout ce que je vois - est vu, et rien de plus. Ce vu se trouble lui-même. Il n'y a évidence que si je ne pense à l'évidence même.

Dès que nous soupçonnons que être doit se remplacer par voir - dès que l'objet devient indirect et se place dans un autre objet qui est la connaissance - sa netteté et sa solidité s'affaiblissent.

Nous sentons cette chose nette, cette fortissime coïncidence contenue dans un vase indéterminé, indessinable, sans figure, sans lieu, sans correspondances - comme l'homme dont les doigts demeurés sensibles palperaient une chose dure à travers le bras insensible et mort.

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Dans un ouvrage profondément fait, il faudrait que les procédés du discours changent à mesure que la chose s'avance - et que ce qui a été lu permette même au point de vue formel, une simplification et une "étendue" croissantes. Tel écrivain ou plutôt tel type rhétorique convient au 4ème acte et tel au premier.


Date de création : 20-04-2003