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CNRS 3, p. 816-817

Cahiers de Paul Valéry
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On ne se souvient pas de son être central, de son moi - on le retrouve mais identique - indiscernable de soi passé.

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 --> il faut bien pour l'attention, une sorte de connaissance supérieure à et indépendante de la matière de l'opération faite.

Il faudrait montrer qu'il suffit d'admettre ces espèces singulières de sensations isolées, pures de perceptions ultérieures, pour pouvoir diriger les systèmes plus inférieurs - et que ces sensations sont très indépendantes de toute suite - et sont la marque de la liberté d'un système général par rapport à des systèmes partiels.

Le possible est l'opposé de l'automatisme. C'est-à-dire que dans les états très éveillés, très centraux, il existe certaines sensations ou certaine sensibilité qui ne peut (pendant ces brèves phases) entrer dans les systèmes complets partiels (ou fermés) qui s'établissent. Etant imperceptibles  ces sensations ne font que d'exister et rendre à chaque instant, partiel ou d'apparence partielle, le mécanisme qui sans elles serait le tout et bientôt le zéro mental.

Ces sensations singulières sont inverses de l'intensité des autres sensations et par conséquent comparables au temps.

Et on ne peut se souvenir d'elles, car s'en souvenir serait exactement les re-sentir.

 On ne se souvient que de ce qui change.

 

 


Date de création : 20-04-2003