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Cahiers de Paul Valéry
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Dans la plupart des livres de psychologie on ne pourrait guère remplacer les termes par leurs définitions. D'abord faute de définitions - Puis on trouverait une incohérence continuelle -

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Les définitions géométriques sont pour l'abréviation - et certaines pour constituer des êtres, des domaines de mesure nouveaux.

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La mémoire et la mort se répondent.

Si l'être ne se souvenait, ses connaissances une fois produites et disparues, sa conscience se retrouverait toujours au même point-zéro - [[ . Aj. marg. g.: Elle pourrait être différente ]] et ne survivrait pas aux excitations. La mémoire est la forme du changement progressif, relatif, additif de l'être - Elle donne une forme de plus en plus précise à l'être mental. Elle est une variation de la coordination "possible" coordination qui est accélérée par l'usage de l'imagination laquelle n'est que la mémoire ou plutôt la connaissance générale se faisant elle-même.

L'imagination est usage de la mémoire comme d'un organe - autour d'un besoin présent, pour une fin présente et comme si cette mémoire était présente et libre comme un organe. Souvenir à propos.

Cette faculté n'est donc qu'un usage - comme la main est marteau ou pince ou télégraphe ou compas, ou compteur ou métronome - ou schéma de tous les mouvements possibles -

Quand je combine, il me faut la présence ou souvenir des éléments et aussi le souvenir même instantané de ce que je fais et combine -

Ainsi toute psychologie retourne toujours à des attitudes diverses d'appareils peu nombreux - inconnus - aux propriétés peut-être inscrutables.

La métaphore paraît être la diversité d'usage d'un même instrument. Mimique inconsciente de l'assimilation - et de l'accommodation interne - Simulation de la précision - grimaces connexes.

Ainsi des organes concomitants s'agitent non dans un but pour eux - dans le but de permettre toute l'attention dans un autre appareil.


Date de création : 20-04-2003