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Cahiers de Paul Valéry
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Le désespoir d'expliquer objectivement conduit à critiquer le principe même de l'explication, à la déprécier -, à l'expliquer elle-même - et finalement à changer de position de bout en bout.

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Rêve - Le rêve doit pouvoir être défini. Il y a une conception à former, qui modifiée donnerait la veille et autrement modifiée, le rêve.

Certains états sont regardés comme caractéristiques du rêve à tort, parce qu'ils ne sont très généralement produits que dans le rêve et que nous les évitons ou arrêtons dans la veille, ou les expliquons.

Veiller est expliquer, et c'est être expliqué. Dans la veille une impression est annulée ou

Le rêve est une vue ou connaissance de l'interne, déformée par le souvenir de l'externe - c'est une traduction de l'interne dans le langage (qui est seul existant) dans l'interne.

Comme si le même X

Le difficile est de donner la situation d'où ceci est rêve.

Mais si tu faisais un théâtre pour y montrer un rêve -

Le rêve montre la grandeur du rôle de l'adaptation externe et de la division nette en domaines au moyen de sensations concomitantes.

Le significatif est altéré.

La difficulté est de pénétrer si profondément que l'on voie l'impossibilité de sentir ou de penser, son inconsistance, à moins de telles conditions - et l'identité de ces conditions - et tout le vrai champ où est possible le rêve et puis la veille.

Tout le peu qui vient au rêveur de l'extérieur et de la surface se met avec ce qui lui vient de l'interne. Sa sensibilité est simple - non double ou multiple.

Le rêve finit si quelque chose qui vient ou de lui ou de l'extérieur ou de l'interne peut atteindre un certain seuil. Et ce seuil varie de situation - plus ou moins difficile à atteindre.

Le rêve est ce qui se passe en deçà du seuil et dépend de l'intensité de ce qui se passe et de la position variable du seuil.


Date de création : 20-04-2003