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Cahiers de Paul Valéry
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Inexistant* est l'homme assez fort pour se traiter soi-même comme il traite les autres - pour être vers soi-même aussi indifférent, aussi loyal, aussi méfiant.

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La volonté ne peut naître que par le pressentiment, la création d'abord centrifuge interne - des résistances

Et ceci se fait par un durcissement de divers muscles - muscles qui ne sont pas nécessairement ceux qui entreront dans l'action qu'on a pensée - et durcissement qui est en quelque sorte  un SYMBOLE REEL, un appel de la réalité en général, et de la sensation de puissance et de résistance.

Alors se renforce le sentiment que la chose pensée n'est pas réelle, c'est-à-dire comparable à cette sensation à laquelle appartient l'éveil du moteur. Cette sensation se détend pendant l'action même et disparaît par l'accomplissement.

Un homme très volontaire et musculairement faible, doit avoir cependant les muscles qui lui servent d'habitude à former sa volonté plus développés, ou plus excitables que chez la plupart. Par exemple: les muscles du masque, ceux des mâchoires, ceux des mains par opposition aux muscles des membres. Ces muscles auxiliaires des décisions ou plus exactement les terminaisons nerveuses qui y aboutissent constituent un appareil singulier lequel sert à l'être à provoquer des sensations directement au moyen de représentations ce qui est contraire à la circulation ordinaire des phénomènes.

..C'est pourquoi le vouloir peut exister sans objet déterminé - comme attitude vide. Lassitude du repos - Un homme de volonté forte veut pour le plaisir de vouloir. Il veut naturellement.

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La victoire est à celui qui regarde l'homme comme une chose mais cela mène à tenir soi pour exceptionnel et unique. Erreur certaine, et si on veut ne pas la commettre, on perd la victoire.


Date de création : 20-04-2003