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CNRS 3, p. 787

Cahiers de Paul Valéry
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Le moi me contraint à l'inventer - lui que je ne vois jamais et je l'invente pour lui attribuer l'origine de tous ces changements merveilleusement correspondants... -->

 

 Mais peut-être n'est-il qu'optique; et que je mets au plus profond et au centre un être revêtu des complications superficielles et peut-être le vrai centre qui fait ou laisse penser, ne pense pas.

 

 --> et il est même cette correspondance - simplement - cette corrélation merveilleuse - irrationnelle ou rationnelle dont je ne vois que les extrémités - ni le mécanisme, ni la nécessité mais seulement l'obéissance. Tout ce qui me vient par l'oreille peut entrer en composition avec les mouvements que je puis faire.

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La littérature moderne montre à chaque instant l'usage de mécanismes syntaxiques fait pour exprimer un seul système complet - détourné vers l'expression d'un ensemble de systèmes simultanés indépendants.

Et de même, souvent les mots faits pour un objet furent détournés pour dire l'état, l'accompagnement habituel de l'objet et non l'objet même.

De sorte que ce pas de la rhétorique fut d'employer non plus seulement la relation rationnelle (métaphore) partant d'un nom - mais les irrationnelles habituelles - (Or..)

Extension après tout comparable à celle qui fit admettre à côté des fonctions algébriques - les fonctions définies  par des tables.

Et la phrase ainsi conçue se décompose en une pluralité de phrases qui empruntent un seul mécanisme.

 

"Symbolistes", nous employions le mot or non pour ce métal même mais pour appeler l'irréalité la plus riche, un son riche et arbitraire.


Date de création : 20-04-2003