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CNRS 3, p. 783

Cahiers de Paul Valéry
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Il frappe mon bras, et mes jambes fuient.

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       On le voit par ceci: le passage d'un fait mental à un autre est indifférent en soi - Mais si des résistances ont lieu et des généralisations ou des coordinations non spontanées, alors il y a valeur.

Les faits mentaux ne prennent de valeur que hors de l'esprit - Mal dit. Les idées, images etc. n'ont de "masse" et de durée que celles qu'ils trouvent dans le corps et dans le milieu énergique - et ces valeurs ne leurs sont données que dans certaines coordinations - ou états - X

Qu'importerait la peur si rien de physique ne la supportait - et l'enthousiasme n'existerait pas.

A quoi bon un raisonnement s'il ne se rendait solide presque matériellement et une ressemblance si elle ne mouvait un mécanisme plus profond que tout objet? --

Il arrive ceci dans la conscience - cas très fréquent - que devant exposer, raconter nettement quelque chose, la chose n'est pas évoquée ou l'est de façon faible et intermittente - toute l'attention se portant sur la netteté du discours, c'est-à-dire sur la transformée de la chose principale, et étant absorbée par le prendre, laisser, choisir les notations dont la figure guide est déterminée, mais n'est pas présente et surtout n'est pas totalement prescrite.

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En somme, le plus clair en psychologie serait de tout réduire en correspondances - univoques, multivoques, données ou formées, ces correspondances joignant les divers appareils.

[Croquis.]

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Une représentation est une liaison complexe à laquelle correspond ou peut correspondre un signal, un seul - L'image dérivée (brute) de cette représentation est cette liaison devenue simple ou d'un seul tenant. Tout travail effectué sur l'image est une sorte de retour à l'état de composition primitif.

 

X  Il en résulte un genre d'illusion ou de sophisme consistant dans cette facilité.


Date de création : 20-04-2003