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CNRS 3, p. 779-780

Cahiers de Paul Valéry
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La conscience existe quand elle peut, comme elle peut, tant qu'elle peut. Sa personnalité apparente? n'est qu'une correspondance singulière entre tels de ses éléments quelconques et les moteurs. Or en général nous attribuons au plus moi, au plus mien, ce qui a pu pénétrer jusqu'aux moteurs

[Croquis.]

La direction Image-mouvement volontaire correspondant-, si on la prolonge en deçà de l'image par une sorte de droite semble aboutir à un point X le moi ---

Mais par suggestion par exemple on voit que cette invention est sinon illusoire, du moins susceptible d'être mise en défaut ou trompée

..La séparation qui se fait sentir lorsque la conscience commence à se reformer et est croissante - perspective qui se fait alors et selon laquelle les "objets" prennent une apparente existence propre (telle que le culmen de la conscience n'est que l'apparence de l'indépendance des objets d'avec le moi, l'invariance du monde quant à son soutien)

- Séparation qui est l'aboutissement de la reconnaissance - l'achèvement d'un mécanisme (cf. infra p..!) complet, indépendant, formant cycle réflexe fermé, solide - et partiel, laissant donc un reste libre...

...Cette séparation donc est une sorte de régime - de fonctionnement dont le sentiment est ou détermine le moi, à chaque instant

Ce moi semble l'identité vide ou simple de cette opération sentie et aussi ce qui immédiatement au dessous ou en deçà de la portion éclairée la renouvelle -- ------

Le moi est aussi le sentiment: que toute connaissance est partielle (et ce sentiment exagéré fait l'émotion parfois de qui se regarde dans un miroir et s'étonne de se voir particulier, se sentant universel ou de se voir lui tout, dans son aspect partiel [[ . Aj. marg.: chose dans mon reflet et tout dans mon idée Fragment ]] et s'il y avait un miroir qui permette de réfléchir l'être mental - ce serait le même sentiment - et la peur d'être plus restreint, plus petit qu'on ne le croit. Se voir quelque chose, soi qui se sent la chose, toute chose)

Mais ce sentiment de l'universel est l'effet de la perspective générale -

L'éternel potentiel, ce moi. Il n'a d'actualité que lorsque un acte va se faire - ou lorsque la connaissance devient trouble.


Date de création : 20-04-2003