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Cahiers de Paul Valéry
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Ce qu'il y a de plus profond et de plus nécessaire est identique chez nous tous. 

Les hommes diffèrent par le chemin plus que par le but, par le corps plus que par la tête - par la mémoire plus que par l'intellect, par des durées, des brièvetés, des fatigues, des stabilités - plus que par les images.

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Il faut distinguer dans la mémoire, le retour même, des impressions qui l'accompagnent - impressions qui font ce retour conscient en tant que duplication - l'absence ou la présence de cet avertissement est d'ailleurs incertaine - d'où la fausse mémoire, et, à l'opposite, le souvenir inconscient.

 

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Originairement une chose est physique, réelle, - ou assimilable à une chose réelle lorsqu'elle me touche physiquement - lorsqu'elle provoque des sensations irrationnelles avec elle - non figurées. Ainsi telle chose donnée d'une part - touche mon coeur - d'où acception du mot coeur au sens psychologique.

Cf. croire dérivé de coeur - et qui signifie considérer comme réel, classer dans le réel quelque chose proposée comme non réelle.

C'est une sorte de comparaison fondée sur un sentiment non compris dans la figuration de la chose - et qui accompagne la présence réelle d'un objet.

 

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Tout ce qui est pensé appartient à la mémoire de façon simple ou complexe, et une ou plusieurs fois. Cette dépendance très riche en formes, constitue un problème capital. Le commencement est peu distinct, étant impossible de discerner la mémoire élémentaire - du fonctionnement répété des appareils les plus simples.

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Marquer un point sur une ligne c'est supposer un système entièrement indépendant de la ligne - et la contenant.


Date de création : 20-04-2003