<- CNRS 3, p. 752

CNRS 3, p. 753

Cahiers de Paul Valéry
-> CNRS 3, p. 754 Index des Cahiers

$

La conscience, de ce point de vue, est une suite illimitée, comprenant une infinité de séries limitées, toutes extérieures les unes aux autres de sorte que l'inversion de l'une ne reconduit pas au point origine de celle-ci dans la grande série mais à un autre point dit: ultérieur.

Or l'effet est attaché à la grande série. Mon changement perçu est un accroissement de cette grande série - accroissement essentiellement indépendant de toute série particulière.

Mon adaptation, ma relation est croissante.

 

Le simultané est liberté à l'égard de ses parties et contrainte à l'égard des autres choses.

*

Une mélodie est un segment continu - une unité - composée au regard des organes - solide à l'égard de la mémoire et de l'interprétation ou compréhension [[ . Aj. marg. g.: C'est un mouvement repéré au moyen de notes.    Renv. fl. à: Et lorsque dans une mélodie ]].

Pour l'ouïe seule, pour le larynx - aussi, elle est composée - et décomposable. Une telle suite est appréciée comme unité et irréversible ou comme pluralité et réversible suivant que l'on ne peut ou qu'on peut se placer hors d'elle - suivant qu'elle est un espace à 1 dimension isolé ou au contraire déterminé dans un espace à plus d'une dimension.

*

- Deux événements distincts ne peuvent être joints que par une seule ligne, ligne telle que...

L'avant et l'après sont la notion de cet élément linéaire unique - et on ne peut remonter la ligne - ce serait en tracer une 2ème distincte de la 1ère qui pourrait servir à redescendre.

 

On ne peut remonter que hors de toute ligne par cette voie instantanée, obscure, nulle - éclair de néant traversé - qui est la voie de la spontanéité. Le passé emprunte la forme d'une surprise.

 

Et lorsque dans une mélodie on passe d'une note à l'autre, A --> D, l'effet est entièrement différent de celui obtenu en passant de A à D par C -


Date de création : 20-04-2003