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Cahiers de Paul Valéry
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Une image ne peut dépendre directement d'une autre image - ce qu'on voit par leurs liaisons insignificatives (formelles), par la mémoire brute etc.

Pas plus que sur la rétine où ce qui se succède ne se connaît pas entre soi -, s'ignore, s'exclut.

D'où l'impression de liberté, des représentations et images qui sont donc tout et rien. "Spiritus flat ubi vult"1.

Cet esprit-là ne veut pas grand chose.

L'effort commence quand je veux devenir chemin, quand je veux faire d'une image autre chose qu'une image,

quand je veux traiter une image comme une chose réelle et la travailler, donc la fixer, la diviser, la prolonger etc.

Et inversement quand je veux traiter mes sensations suivant mon idée, les faire suivre mon idée - soulever un poids.

L'attention intérieure volontaire est une réciproque de la volonté ordinaire.

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Se sentir étant - depuis A jusqu'à õ.

 

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En général des états de moi qui peuvent être perçus par moi peuvent aussi se succéder avec une telle rapidité que je ne les perçoive pas. Je parle d'états internes. Et si ce que je dis est vrai, ces états intérieurs devraient à cause de cela être classés parmi les sensations... ou à côté d'elles.

Exemple: Pour passer du sommeil à la veille - le passage peut être lent et même oscillant - on passe par des états de plus en plus riches, de plus en plus lucides - et on peut concevoir une graduation des puissances mentales retrouvées progressivement. Mais dans certains cas le passage est brusque, instantané - L'être réveillé est reconstitué soudainement.. J'admets qu'il traverse les mêmes états que dans le réveil réversible - mais très rapidement.


Date de création : 20-04-2003