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Cahiers de Paul Valéry
-> CNRS 3, p. 737 Index des Cahiers

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J'ai fini par concevoir le travail littéraire d'une sorte qui me sépare des littérateurs - et de la pratique.

        Je me suis placé au delà des mots, leur imposant des conditions préalables, et les voulant appeler non par le hasard, c'est-à-dire le sujet agissant en moi, mais demeuré libre, sans m'attacher à aucun, sans croire que l'un soit nécessaire à tel endroit. Il faut conserver tout le temps l'indépendance de ses mots.

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Le sommeil comme toutes les autres phases est productible de plusieurs façons différentes.

 < Je baptise phase: une coordination avec sa durée. >

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T. Ce corps va plus vite que mes yeux.

   Ce poids devient plus lourd sans avoir changé.

   Ce bruit est toujours au delà de mon acte intérieur pour le supprimer.

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)) Le temps est le sentiment de la forme de réflexe généralisée qu'affecte notre connaissance, dans le détail.

C'est-à-dire que, quels que soient les phénomènes ils se soumettent à une figure Demande-Réponse.

Pourquoi le temps est la distinction possible des identiques: A se distingue de A, le premier faisant demande et l'autre réponse.((

Le second phénomène quel qu'il soit, annule le 1er quel qu'il soit. De plus on peut introduire des conditions singulières, si on particularise quel phénomène annulera un phénomène donné, c'est l'attente, l'attention. C'est-à-dire la qualité intervient et l'intervalle s'appelle alors une durée.

--> Sensation plus ou moins nette du changement inhérent à la conscience  <--

                                                


Date de création : 20-04-2003