<- CNRS 3, p. 732-733

CNRS 3, p. 733

Cahiers de Paul Valéry
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Nul ne s'est fait. Le faire vient tard après l'homme.

L'homme est donné à soi-même comme principal, comme tout, comme instrument, comme problème et comme moyens, comme figure et réalité, comme la notion la plus générale et la plus infiniment particulière.

Je me trouve [[ . Var. sup.: découvre     ]] tel que je suis et cependant je me fais autre, mais je reparais dans l'autre.

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La voix fait mieux connaître l'homme que toute parole, pourvu que l'on sache distinguer dans son mélange ce qui est momentané de ce qui ne l'est pas. Il faut sentir dans la voix tous ces empêchements, ces secrètes paresses qui, partielles, diversifient les machines parlantes. Et aussi le timbre, la qualité la plus particulière...

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Le vouloir est le premier principe des sciences, des arts. Le plus grand pouvoir est de trouver de belles questions,  des problèmes.

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Tout drame n'est qu'un détail.

Tout personnage, un fantôme d'optique.

Syntaxe sans paroles

La littérature n'admet pas les développements indéterminés. Elle ignore la fugue, les jeux, les figures symétriques, inverses etc.

Jamais on a pu ni faire ni supporter un livre uniquement formel, une pure suite de métaphores ni une pure chaîne de syllogismes.


Date de création : 20-04-2003