<- CNRS 3, p. 730-731

CNRS 3, p. 731

Cahiers de Paul Valéry
-> CNRS 3, p. 732-733 Index des Cahiers

$

Les abstraits purs ne sont pensables que par un contexte. Les abstraits sont des incomplets.

*

Causalité. Tout changement en suppose un autre, parce que l'on suppose une unité, une relation générale.

 

Dans une équation où je mets des variables et des constantes, les constantes ne changent pas pour les variations des variables. Qu'est-ce donc qui fait l'équation, l'unité de ces grandeurs diverses. C'est que si je fais varier les constantes, les variables changent tandis que l'inverse n'a pas lieu.

*

) La variation profonde dont l'intuition s'appelle temps, est sensible parce qu'elle tend toujours à s'écarter de l'objet présent, à l'annuler. Il n'y a presque jamais obéissance absolue, conformité entre cette variation et celle de l'objet. (

*

La vraie négation se distingue de l'affirmation, par le but. Le logicien qui ne veut pas voir le but ne distingue pas l'affirmation de la négation ou trouve que la distinction est superficielle, car il est facile de transformer un jugement N en jugement A. Il suffit de changer l'attribut et ce changement n'altère pas la forme. D'autre part, le fond n'est pas altéré non plus. Mais c'est admettre qu'une proposition peut être étudiée à l'état isolé.

 

La négation est toujours relative à ce qui a été dit avant. Rien ne commence par négation. Une proposition est donc réellement négative, seulement quand elle sépare d'un sujet, un attribut qui d'abord a été explicitement uni à lui. Exemple: l'homme est immortel - est négatif ou affirmatif suivant ce qui précède.


Date de création : 20-04-2003