<- CNRS 3, p. 724

CNRS 3, p. 725

Cahiers de Paul Valéry
-> CNRS 3, p. 726 Index des Cahiers

$

Le rêve est la signification du formel.

*

L'essentiel du significatif est la correspondance réciproque.

Le formel est essentiellement actuel.

*

Voici une conversation, et je dis une suite de phrases parmi lesquelles il en est que je ne mets pas dans l'air et que je garde. Ce sont les apartés.

Maintenant, l'ensemble des phrases sonores forme une totalité qui peut être regardée comme complète (S) - Elle suffit, c'est-à-dire que l'adversaire peut les suivre de la 1ère à la dernière sans arrêts, ni lacunes. Et puis si j'y adjoins les apartés, en les intercalant, ceci fait un deuxième ensemble, complet également, et naturel - (SM). Mais au contraire l'ensemble des seuls apartés est incomplet -- (M). Et en examinant on voit que cet ensemble M se décompose lui-même en M' et M". L'un M" étant réponse de M' et permettant de dire le S qui suit. M' étant celui des vérités vraies des arrière- pensées.

*

Ce n'est pas l'événement (mental ou autre) lui-même que l'on peut chercher à déterminer. Ce sont - limites, parties nécessaires, parties certaines - et sinon telle chose déterminée du moins en même temps qu'elle, les moyens de l'éviter, l'ensemble restreint de solutions dont une sera.

*

La logique et la précision font bien vite intervenir des objets que l'on songeait pas tout d'abord être en question. Rapprochés brusquement du principe, ces objets étonnent et font traverser ces espaces dont l'étendue nue, abstraction faite des figures, est sensible par l'effort et rend sensible l'intellect même.

*

Les belles découvertes mathématiques ne sont que le mûrissement et le devenir dessin et le devenir objet - des sentiments et intuitions vagues qui se réfèrent à nos fonctions les plus générales, c'est-à-dire, des traces par quoi nos états se lient.


Date de création : 20-04-2003