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Cahiers de Paul Valéry
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Temps et degré de liberté.

Essaye de fixer un état, d'immobiliser une impression, et tu vas dormir, sans rêve.

Du moment qu'on ne peut arrêter une conscience et que même la tentative est sans signification - tandis que, d'un autre côté, la connaissance du changement nous échappe, et que cette conscience indéfiniment changeante ne sait clairement représenter que l'immobile, la trajectoire simultanée, il en résulte qu'elle est un intermédiaire et que sa fonction [[ . Rat.: son procédé ]] d'intermédiaire a une sorte de forme, ou de procédé non quelconque.

) Quel qu'il soit, ce qui paraît doit changer instantanément et ne peut changer que de quelques façons. (

Le changement est essentiel à la conscience. Elle est là où il est et elle est résolution d'une diversité.

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I On ne peut annuler ce degré de liberté. On ne peut que le diminuer.

II De plus cette liberté est telle que les objets quelconques et différents soumis  [à] la conscience, ont par cela même une liaison singulière - unité - qui interdit que leur nombre simultané, ou lien systématique soit > que  .

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Nos fonctions distinctes sont dépendantes en acte (entre elles) et indépendantes en puissance. Jamais séparées en fait, en chaque cas particulier et séparables par la diversité des cas.

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L'amnésie, la distraction, la surprise, le sommeil etc.   etc.... attaquent la mémoire, l'idée etc. etc.; au hasard comme une rouille ou un acide accidentels attaquent une planche gravée, sans accommodement avec le dessin.

Que la relation ou association détruite soit ma plus familière - cela ne fait rien. La plus rare, la plus inutile peut être conservée et celle-ci dissociée.


Date de création : 20-04-2003