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CNRS 3, p. 715

Cahiers de Paul Valéry
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Le mouvement général d'un ouvrage.

Qu'il doit reproduire une période continue complète et se raccorder à l'homme au début et à la fin..

Début net - Début trouble, insensiblement introduit.

Début particulier. Début général par un principe.

Final brusque ou decrescendo - plus général que                l'ouvrage - ou bien le fermant simplement.

Final par épuisement - Final voulu.

- De l'introduction successive des éléments nouveaux.

Le mouvement général est ce que donne uniquement la musique - ce à quoi elle correspond uniformément, tandis qu'elle correspond multiformément aux images visuelles et aux paroles.

C'est ce que j'appelais le formel, jadis. En réalité il s'agit des impressions toujours concomitantes de toute conscience et qui se traduisent par ces questions: Avec quelle force? Quelle vitesse? Quelle netteté? Quelle multiplicité? Quel nombre de dimensions? Quelle séparation --> aparté <-- en domaines? Quelles sensations organiques? Quel tonus? Quelle tension? Quel organe est excité par telle idée qui ne lui correspond pas de façon intelligible? - Quelle durée, ou fréquence? Quelle situation dans l'accommodation interne ou externe - impression de passé? Quel désir - quel incomplet? Quel cycle particulier?

En somme les conditions et liaisons de transformations, conditions qui accompagnent les images bien définies et les guident plus ou moins, tout en demeurant indépendantes.

*

Le rôle purement intérieur des images-souvenirs est d'expliquer ou de traduire ou de croire expliquer, certaines sensations internes ou incomplètes; on explique une angoisse par une idée.

 

Une idée triste est toujours décomposable en une idée qui n'est pas triste et une tristesse sans figure.               --> qui ne peut pas l'être <--

La tristesse est d'un autre monde que l'idée - et il n'y a d'autre lien entre elles que le moment.


Date de création : 20-04-2003